31 octobre 2007
Jardinier en herbe...
Vous vous souvenez de la main verte de La Chouette qui se la pète avec sa
devinette ?
Eh ben moi, je dis : y'a vraiment pas de quoi être fier...
29 octobre 2007
Cette année sera-t-elle la bonne ?
En ce moment, j'ai tellement de choses à faire au boulot que je me force presque pour quitter mon bureau le soir... à vrai dire, quand je m'aperçois qu'il n'y a plus personne aux alentours, je me dis qu'il faudrait peut-être que je rentre.
J'aime bien ce que je fais en ce moment... si je fais abstraction de la saisie quotidienne dans ma base documentaire et de l'envoi des rapports annuels à Mme Michu.
Le problème, c'est que ces tâches qui furent le coeur de mon poste il y a 7 ans quand je suis entrée dans cette boîte, eh bien elles commencent sérieusement à me gonfler. Evidemment, il n'y a personne pour me soulager de ces tâches ingrates, pas de volontaires, pas de solidarité !
Depuis un an, j'ai évolué dans mon travail (heu... dans mon travail j'ai dit, pas sur mon bulletin de salaire !). Et malgré tout, je me traîne ces missions à la con qui me bouffent un temps considérable. Personne n'a pitié de moi... Je dois porter des cartons plein de documents à longueur de temps. Tout le monde me regarde, personne ne m'aide...
J'ai davantage de travail mais cela s'ajoute à ce que je faisais avant (même si, dans ma grande bonté, j'ai refilé la revue de presse à quelqu'un d'autre). Et malgré tout, je n'ai JAMAIS reçu ni augmentation, ni évolution dans la classification. Juste quelques compliments que je soupçonne calculés.
Cherchez l'erreur !
La semaine prochaine, c'est mon entretien annuel. Comme les deux années précédentes, je vais soumettre mes doléances à un chef qui ne sait même pas ce que je fais (il a mis "classement" la dernière fois... ça me fait rêver !).
La condition qui m'empêchait de changer de classification est remplie : j'ai changé de profil de poste. Quelles vont être les nouvelles excuses de cette année ?
En tout cas, je compte bien trouver les bonnes ripostes cette fois...
28 octobre 2007
La p'tite bête qui monte
Le cerveau nous réserve beaucoup de mystères... ça, c'est pas un scoop.
Aujourd'hui, l'Oiseau m'a demandé si je le faisais exprès ou si j'étais bête.
"Je suis bête" ai-je répondu.
L'Oiseau, manifestement d'accord avec moi, réplique : "Oui, profondément bête alors".
L'altercation ne concernait pas ma culture générale, ni ma façon de penser. Elle concernait les chiffres, les calculs... en bref, elle concernait les mathématiques.
Courageusement, je m'étais assise devant mes formulaires à remplir concernant le Plan d'Epargne Groupe de ma boîte. Je devais calculer combien je devais placer dans un fonds et dans un autre, afin que mon versement ne dépasse pas 25% de mon salaire annuel. Cela aurait été trop simple mais il y avait des données qui entraient en compte afin de compliquer toute l'affaire (en fait pour tel placement, cela ne repésente pas 25% mais 6,25%...). Bref, je passe les détails.
Moi et mon 3 en maths au bac étions un peu perdus et somme toute incapables de trouver l'équation adéquate.
Qu'est-ce-que je fais alors ? Et ben je demande de l'aide à mon Oiseau de matheux.
Et là, pas de doute : celui-ci me fait bien comprendre que je suis méchamment limitée dans ma p'tite tête. Charmant !
Bon. D'accord je suis nulle en maths. Ce n'est pas nouveau et cela ne s'arrange pas.
Tout comme je suis nulle en orientation (ne jamais faire confiance à une Wonderwomette co-pilote !).
Alors je m'interroge. Pourquoi éprouve-je autant de difficultés à faire une règle de trois ? Pourquoi n'arrive-je pas à raisonner avec les chiffres et la logique ?
Chacun ses lacunes.
Le cerveau nous joue des tours, le plus souvent à l'insu de notre plein gré. Il n'y a qu'à voir mon père qui perd la mémoire : il n'y est pour rien...
Mais moi, saine de corps et d'esprit, je ne m'explique pas les raisons pour lesquelles je suis bête. Tant pis.
21 octobre 2007
C'est chaud !
J'adore me glisser dans un bain chaud, surtout lorsque la température ambiente n'est pas suffisamment élevée (c'est ça l'avantage d'avoir un chauffage collectif que le syndic n'a pas encore jugé utile de rallumer quand il fait 11 degré dehors...).
J'adore me glisser dans le lit préalablement chauffé par l'Oiseau (notamment pour les mêmes raisons que ci-dessus).
J'adore passer sur les bouches d'aération du métro dégageant un souffle chaud en hiver.
J'adore passer puis stationner devant le radiateur lorsque ma petite laine ne suffit pas.
J'adore sentir ce courant d'eau chaude qui se faufile entre mes jambes quand je passe devant la grille plaquée sur les bords de la piscine.
Je vais adorer cette chaleur qui va m'envahir dès que passerai la porte de l'avion qui viendra juste de fouler le sol de Mopti. J-21.
A cette pensée, j'ai des frissons.
16 octobre 2007
Stress manifeste
C'est quand même incroyable.
Il y a des centaines et des centaines de personnes qui transitent par La Défense tous les matins et, tous les matins ou presque, je croise les mêmes individus. Mieux ! Je suis plusieurs fois par semaine assise en face des mêmes personnes.
Cela est-il dû aux horaires ? Nous sommes vraiment tous programmés : un métro passe toutes les 2 minutes et c'est quasiment toujours les mêmes personnes qui attendent sur les mêmes 2 m² de quai à la même heure. Par conséquent, ces personnes pénètrent dans le même wagon et s'assoient sur les mêmes sièges d'un jour sur l'autre.
On s'attache, l'air de rien !
Parmi ces habitués de la rame, j'ai repéré une femme, je dirais de 40-45 ans, qui est assez particulière. Elle dégage un stress impressionnant.
Elle tremble, agite ses jambes.
Elle met ses écouteurs de MP3 dans les oreilles, une minute, puis les retire.
Elle ouvre un bouquin, lit (toujours la même phrase, j'en suis sûre) et referme le livre à peine 2 minutes plus tard.
Elle ajuste ses lunettes qu'elle porte sur la tête, les réajuste, les retire, les remet.
Elle se gratte le bout des doigts.
Elle regarde un peu partout et, quand elle me remarque en train de l'observer (discrètement certes, mais elle m'a vu quand même !), elle tourne brutalement la tête. Je suis sûre qu'elle pense à plein de choses.
Son sac à main, posé sur ses genoux, monte et descend au rythme de ses balancements saccadés. J'ai l'impression qu'elle a une envie pressante (et je sais de quoi je parle, ça m'arrive assez régulièrement !).
Des perles de transpiration se forment sur son front. La retouche maquillage s'impose.
Le premier jour que je l'ai croisée, j'ai cru qu'elle allait à un RDV d'embauche, ou qu'elle était en retard à une réunion super importante. J'ai presque eu de la peine pour elle.
Et puis, le deuxième jour, je l'ai revue avoir les mêmes comportements, les mêmes symptômes... alors là je me suis dit qu'elle devait être comme ça dans la vie. Pourquoi pas. Après tout, moi je suis peut-être un peu trop décontractée...
La prochaine fois, je parlerai de l'homme qui a une allure de pervers mais qui ne doit finalement pas l'être pour autant !
15 octobre 2007
Chacun voit midi à sa porte
Combien de fois je me suis dit : "Dailefine, il faut te rendre à l'évidence... Tu es mal barrée, tu ne trouveras jamais de garçon qui voudra s'engager avec toi... Ca fait des années que tu vis seule, que les mecs ne regardent que tes copines, que tu es coincée, que tu n'arrives pas à prendre les devants, etc, etc...."
Alors, quand aujourd'hui j'entends les copines être dans le même état d'esprit que j'ai connu il n'y a pas si longtemps que ça, cela provoque en moi deux sentiments contradictoires : oui, je comprends ce qu'elles peuvent ressentir et cela me fait de la peine ; non, la situation n'est pas désespérée et une heureuse rencontre peut jaillir à tout moment !
A midi, je déjeunais avec des collègues de mon âge et une d'entre elle, ça se voit, a besoin de rencontrer un homme avec qui elle pourrait construire quelque chose de beau. A 35 ans, elle prend sa situation à la rigolade, elle plaisante mais n'est pas dupe pour autant : on dirait qu'elle a déjà eu affaire à de sacrés loustics!
C'est difficile de partager nos expériences, de donner des conseils, de consoler parfois. Même si on a ressenti les mêmes désillusions pendant si longtemps.
Alors quand j'entends ma mère qui me disait le week-end dernier "Finalement, ce sont les célibataires les plus heureux"... je pense aux copines et me dis... que le monde est mal fait !
Conclusion : les femmes, les hommes... c'est toujours aussi compliqué !
13 octobre 2007
557 F
Bon. Ca commence à bien faire.
Comme le dit L'Oiseau, je vais encore me plaindre, je vais encore passer pour une grosse radine. Mais là... ils exagèrent !
Cet après-midi, je suis allée faire un peu de shopping. J'en ai bien besoin, au moins pour me faire croire que je vais enfin ressembler à quelque chose... J'hésite à envoyer ma candidature à M6 pour "changer de look, changer de vie" tellement je ne me trouve aucun style. C'est désespérant !
Bref, la question n'est pas là.
Je cherchais des vêtements biensûr, mais aussi des chaussures. Des bonnes chaussures qui tiennent la route pour l'automne, avec du cuir bien résistant et des semelles épaisses comme il faut et qui ne glissent pas. Sans oublier le look et le confort, sans lequel je ne porte pas les chaussures (je ne suis encore pas complètement maso !).
Eh bien je n'ai pas trouvé les chaussures que je cherchais. Pas celles qui, en toute logique, devraient garnir les vitrines en cette saison. Curieux.
On y trouve des ballerines à semelles épaisses de 2 mm, des escarpins en cuir verni et à talons de 10 cm, des bottes en veux-tu en voilà (j'en ai déjà, je n'en veux plus !)... mais où sont passés les bonnes vieilles chaussures qui tiennent la route, à semelle de crêpe qui isolent bien du froid ? Moi, j'en ai vues sur Internet. J'avais repéré un ou deux modèles très sympas de la marque Khrio (marque introuvable dans les boutiques, si ce n'est au CCV à Epinal (Centre Chaussures et Vêtements... pour les ignares !). J'étais prête à les commander via le Net.
Eh bien finalement, j'ai acheté une paire de chaussures. Mais rien à voir ! Bon, j'aime bien quand même mais ce n'est pas pour la même utilité : petits talons, grosse boucle sur le côté et plus citadines.
Je m'égare. Car au départ, je voulais m'insurger contre... les prix !
J'ai loupé un épisode ou quoi ? A mon époque (heu... il y a dix-quinze ans, quoi !), les chaussures qui coûtaient 500 francs étaient déjà de belles chaussures de qualité. C'était presque trop oser que de se payer des chaussures à 500 francs.
Mais alors, aujourd'hui, c'est devenu n'importe quoi ! Pour 85 euros (soit environ 557 francs), on arrive à trouver une paire de ballerines toutes simples. Mais on se les gèle dans des ballerines en hiver !! Je sais que c'est la mode et que les commerçants s'engouffrent dans la brèche mais quand même !
J'ai acheté des chaussures à 557 F cet après-midi (mais ce ne sont pas des ballerines !). Les chaussures que j'avais vu sur internet coûtaient le même prix mais elles le méritaient ! Pourquoi ne les ai-je pas achetées au CCV d'Epinal quand je les avais remarquées ?!? A Paris, on ne les trouve pas, c'est-y pas un comble ?
La mode me fait chier.
Et je ne suis pas radine, je suis raisonnable. Na !
12 octobre 2007
Une semaine est passée
Cinq minutes après mon arrivée, j'entends la clef jouer dans la serrure.
C'est L'Oiseau qui rentre de sa journée de travail et de ce fameux entretien d'évaluation qu'il fait passer à son petit collègue. Un de plus qui se croit plus important que ce qu'il n'est en réalité ! 20 % d'augmentation qu'il exige... rien que ça !
Bref... cela ne me regarde pas, comme disaient si bien les Inconnus à la Grande époque.
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Aujourd'hui c'est vendredi et, comme tous les matins, je prends le train direction La Défense pour ensuite attraper le métro ligne 1. Arrivée à La Défense, une douce musique vient chatouiller mes oreilles. C'est un orchestre de chambre dans le hall gigantesque où transitent des centaines de personnes. Drôle de contraste.
J'avais déjà remarqué cette formation à cordes qui se produisait les vendredis à l'heure du rush matinal. J'adore.
Bien sûr, il n'y a rien d'étonnant de croiser des musiciens dans le métro. Ce n'est pas un nouveau concept. Mais là, c'est carrément un orchestre avec violons, altos et violoncelles, pubitres et partitions.
Je ne me suis jamais vraiment arrêtée pour les écouter. Il n'y a d'ailleurs pas vraiment de public très attentif. Les gens regardent en passant, ils hésitent 3 secondes et passent leur chemin. Ils ont sans doute des rendez-vous d'affaire ou des horaires à respecter.
Il se trouve que, ce matin, j'avais envie de les écouter ces violons. Le morceau était certes populaire, et alors ? C'était beau et c'est tout ce qui m'importe.
Mais hélas... prise dans la tourmente et le flux ininterrompu des travailleurs, me voilà déjà transportée devant le portique du métro, dans les escalators, sur le quai. Je jette un dernier regard et tend une oreille attentive vers les musiciens mais, bientôt, je ne les vois plus, je n'entends plus rien d'autre que la rame de métro pénétrant dans la station.
A vendredi prochain Beethoven et... Rondo Veneziano !
11 octobre 2007
Gare de l'Est-Courbevoie via Saint-Lazare
Je traverse le hall de la gare de l'Est d'un pas rapide. Tiens ?! Ils ont tout refait à neuf et ont ouvert des magasins. Ca fait un bail que je ne suis pas passée par là.
Sur le quai du métro, ligne n° 7, je n'attends pas bien longtemps avant que la rame ne fasse une entrée couinante et sifflante dans la station. Ca agresse mes oreilles mais c'est encore supportable. Je monte dans le dernier wagon et m'assoie sur un strapontin, mon sac entre les jambes.
Il n'y a pas trop de monde dans le métro. Pour un lundi soir, est-ce normal ?
Arrivée à la gare Saint-Lazare, je vois mon train de banlieue démarrer sous mes yeux. Merde ! Il va falloir que j'attende 1/4 d'heure. Et là, par contre, il y a beaucoup de monde. J'essaie de me poser dans un petit trou mais, rien à faire : on dirait que je gêne.
Pourquoi, alors que le hall est rempli d'une foule éparpillée, les gens qui passent choisissent-ils de bousculer ma petite personne pour forcer le passage ? On dirait que, une fois que le premier de la file a "fait le chemin", tous les autres frustrés qui n'osaient pas s'aventurer en profitent pour s'engager derrière lui !
Et évidemment, je n'ai pas le choix. Je suis coincée au coeur de cette valse improvisée et n'ai plus qu'à attendre la fin du défilé pour me défiler.
Le train arrive, tout le monde se dirige vers lui. Chassé-croisé de voyageurs, entre ceux qui descendent des wagons et ceux qui ont peur de ne pas pouvoir s'asseoir dans le train.
Dix minutes plus tard et cinq étages plus haut, me voilà arrivée à bon port.
Toc, toc ! Personne. Porte close.
Ah oui, c'est vrai... L'Oiseau avait un entretien ce soir. Il n'est sûrement pas encore rentré.
Il n'est pas là.
Cinquante minutes se sont passées.
09 octobre 2007
Epinal-Paris via Nancy
16h27, le TGV démarre de la gare d'Epinal. Je suis à l'intérieur, assise place 62 côté fenêtre dans la voiture n°18, sens inverse de la marche. Personne à côté de moi. J'ai posé mon bouquin et mon lecteur MP3 sur la tablette devant moi. Mais là, je n'ai ni envie de lire, ni envie d'écouter de la musique.
En face de moi, un homme d'un certain âge mais d'un look très branché (teint UV, lunettes noires, écharpe orange autour du cou, blouson en cuir sur le dos) me jette des coups d'oeil de temps en temps. Il est dans le sens de la marche, lui.
Je l'ignore et regarde le paysage.
Ce paysage, je le connais par coeur. Depuis toutes ces années, pas grand chose n'a changé. Si ce n'est rien.
D'abord, sur le quai de la gare, j'avais jeté un regard familier vers l'immeuble un peu plus loin, en face des voies. Cet immeuble gris me fait toujours un pincement au coeur. Au troisième étage, il y a des bacs à fleurs accrochés au balcon. Avant, il n'y en avait pas : mon frère refusait d'emprisonner les fleurs dans des pots. Aujourd'hui, il repose parmi les fleurs de montagne. Les fleurs sauvages, ses préférées.
Allez, le temps a passé...
Une fois dans le train, le paysage défile sous mes yeux et, peu à peu, la vitesse de croisière est atteinte. Il n'y aura pas d'arrêt avant Nancy.
A l'aller, j'avais sorti mon livre et l'avais posé sur la tablette devant moi. Mon MP3 sur les oreilles, je n'avais pas lu une ligne. Le livre est très court, je me dois de le lire avant mon arrivée à Paris.
C'est parti pour La sieste assassinée.
En face de moi, le vieux beau regarde par la vitre.
Les nouvelles se lisent très vite, deux ou trois pages chacune, maxi. C'est plaisant à lire et je suis contente de pouvoir profiter de ces tranches de vie bien croquées. A la fin de chaque nouvelle, je lève le nez et regarde dehors.
La clim lance des souffles d'air frais par alternance. J'ai des frissons.
Avant de partir, j'avais dérobé trois bonbons dans le bocal familial. Un régalad' au citron, un Michoko et un petit bonbon tout rond saveur myrtille dont je ne me souviens plus le nom.
Il est temps d'en manger un. Je commence par le Michoko, puis enchaîne sur le régalad'. Discrètement, j'ouvre la petite poubelle et y jette mes papiers.
Nancy se rapproche, le train ralentit.
Je me dépêche d'engouffrer le dernier bonbon avant l'arrêt total du train et avec lui, sans doute, l'arrivée d'un nouveau passager à mes côtés.
Le train reste à quai cinq minutes. Les nouveaux voyageurs montent
à bord. Personne ne s'arrête à côté de moi.
Sur le quai d'à côté, je regarde les gens qui transitent. J'aime bien regarder
les gens, on dirait une fourmilière à cette heure de sortie des écoles et des
bureaux.
Tout le monde se précipite vers le même endroit. Tout le monde veut attraper le
TER n° 25471 à destination de Saint-Dié-des-Vosges.
Je n'ai pas vu le temps passer et pourtant, le train s'ébranle déjà. Quelques retardataires
arrivent à leur place, ils sont montés au hasard pour ne pas voir le train
démarrer sous leurs yeux. Il y a un groupe de personnes âgées, un couple tout
aussi âgé qui demande à deux autres personnes de bien vouloir leur céder les places qu'ils avaient réservées.
Personne ne vient s'asseoir à côté de moi. Je sens le regard du vieux beau
dirigé vers moi. Je vois même son reflet dans la vitre.
Le train traverse la ville, direction Paris. J'ai la chance d'être assise dans
le sens inverse de la marche : je peux ainsi profiter de la vue plus longtemps.
Au loin, je vois le clocher de l'église Saint-Epvre et le haut des tours de la Porte de la Craffe. Une vieille ville que je n'ai pas visitée depuis bien longtemps... Un peu plus loin, une maman et son bébé, assis sur le rebord de la fenêtre de leur maison, font "coucou" aux wagons qui passent. La maman regarde son enfant avec amour, elle lui agite sa petite main en souriant.
Tout à coup, je réalise que je suis du bon côté pour apercevoir le village perché où habite Bob, mon troisième frère. Son village est facile à repérer : c'est un village perché où trône un chateau médiéval. Je guette. Je suis attentive, je ne peux pas le manquer. Le train accélère, accélère. Au bout de cinq bonnes minutes, je me rends à l'évidence : j'ai raté le village. Faut vraiment être bête ! Tant pis.
Je reprends peu à peu ma lecture. J'en suis déjà presque à la moitié. De toute façon, le paysage est devenu très monotone et la vitesse me fait mal aux yeux.
J'ai repéré une nouvelle qui me plaît beaucoup. Elle se passe dans le métro parisien et je trouve que ce que Philippe Delerm décrit là est tellement vrai... je marque la page.
1/4 d'heure avant l'arrivée, je ferme le livre. Terminé !
Le vieux beau s'est mis à téléphoner à Christiane. On dirait qu'elle a des problèmes pour retirer de l'argent. Il faut qu'elle aille au guichet de la Poste, hein Christiane ?
L'homme a un accent genre italien. Ca ne m'étonne pas.
Pour rendre les 15 dernières minutes plus attrayantes, j'allume mon MP3 et écoute les ballades de KT Tunstall. J'aime bien sa voix et ses mélodies.
Dix minutes avant l'arrêt total du train. Les personnes âgées se lèvent déjà. Elles restent debout dans l'allée, on dirait qu'elles ont peur de ne pas pouvoir sortir à temps.
Moi, j'attends bien que tout le monde soit passé. Alors, je me lève, enfile ma veste, attrape mon sac et prends la direction du métro.
Sur le quai, j'ai cru reconnaître au loin l'Oiseau qui m'attend. Une surprise ?
Ah non, c'est vrai... il a un entretien ce soir. Ca ne peut pas être lui.
Ce n'est pas lui.
Deux heures et quart sont passées.









